logo
      3. BOIS VOLÉ : VIES VOLÉES        
En Amazonie, dans le bassin du Congo, en Asie du Sud-Est, les populations locales sont expulsées de leurs terres et voient leur cadre de vie détruit et pollué. Les industriels du bois et de l'agro-alimentaire prétendent créer emplois et richesses. Mais les conditions de travail dans les exploitations forestières sont déplorables. L'argent ne va ni aux salariés, ni aux collectivités locales, mais aux chefs d'entreprise et à quelques individus corrompus.
Non seulement la déforestation participe aux bouleversements climatiques, mais elle met également en péril la biodiversité animale et végétale. Les forêts concentrent en effet l'essentiel de cette biodiversité : la moitié des espèces terrestres de notre globe vivent dans les forêts tropicales. En détruisant leur milieu naturel, la déforestation les condamne à mort. On estime que le rythme actuel de disparition des espèces est mille fois supérieur à son niveau naturel. A terme, cette éradication du vivant menace l'humanité même.

Selon les rapports publiés par Interpol, le crime organisé est responsable de 50 à 90 % de l'exploitation forestière. Dans certains cas, le trafic illégal de bois passant par les postes frontaliers et les ports maritimes peut représenter jusqu'à 30 fois les volumes officiels. Or comme pour les autres trafics, comme celui de la drogue, le développement du marché noir autour du bois illégal s'accompagne d'une augmentation d'autres types de crimes, comme des assassinats, des agressions violentes et des atrocités commises contre les habitants autochtones qui vivent dans ou grâce aux forêts.
   POURSUIVRE   

Ainsi, au Congo (RDC), plus de 200 gardes forestiers du parc naturel des Virungas, ont été tués ces dernières années par des milices organisant un commerce de charbon de bois qui rapporterait annuellement quelque 28 millions de dollars.

Au Brésil, le 18 novembre 2011, c'est un chef guarani, Nisio Gomes, qui a été assassiné pour avoir osé retourner avec 60 membres de sa tribu sur leur terre ancestrale du Mato Grosso, après en avoir été expulsés par des éleveurs de bétail…
 
Lire le rapport du PNUE et d'Interpol : "Carbone vert, marché noir"