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Sur une superficie de trois millions de kilomètres carrés, le Bassin du Congo abrite la deuxième forêt tropicale la plus importante du monde. Elle s'étend sur six pays : République Démocratique du Congo, République du Congo, Gabon, Cameroun, Guinée Equatoriale et République centrafricaine. Cette forêt abrite 10 000 espèces de plantes, 400 espèces de mammifères et plus de 1 100 espèces oiseaux.
 
  LE CAS DU BASSIN DU CONGO   
Dans des pays  comme la République Démocratique du Congo, l’exploitation illégale du bois (dépassement des quotas de coupe, non paiement des taxes, abattage d’essences protégées, non respect des cahiers des charges passés avec les communautés forestières, etc.) est en partie responsable de la déforestation qui avance et qui menace le 2ème bassin de forêts tropicales au monde. Le bassin du Congo est ainsi une plaque tournante de l'exploitation illégale du bois qui fait perdre environ 10 milliards de dollars de recettes fiscales aux Etats de la région  selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),
En RDC, détournement de permis !

Les permis artisanaux de coupe de bois illégaux sont utilisés pour contourner le moratoire de 2002 sur l’attribution de nouveaux permis de coupe de bois industriels. Global Witness a conclu que “les acheteurs devraient considérer le bois d’oeuvre exploité au titre des PCA [permis de coupe artisanale] comme étant illégal.  Cependant, l’exploitation de bois illégal est loin d’être le monopole des petites entreprises. Dans une série de rapports accablants publiés en janvier 2013, l’observateur indépendant de la mise en application de la loi forestière et de la gouvernance en RDC :  l’ONG britannique Resource Extraction Monitoring (REM) , ont indiqué que les plus grands délinquants étaient les grandes multinationales.
 
L’exploitation forestière en RDC est un véritable chaos organisé. La RDC arrive en tête pour les chiffres concernant la dégradation et la déforestation brutes dans le Bassin du Congo.

Tout comme pour les autres industries extractives dans le pays, le manque de transparence et de gouvernance dans le secteur forestier est scandaleux. Des données officielles fiables sur les permis, la production et l’exportation du bois ne sont pas publiées et tout porte à croire que nombre de ces données n’existent tout simplement pas.

Ce qui fait défaut n’est pas seulement un manque de capacité du gouvernement, mais l’Etat de droit ainsi que la volonté de l’imposer.
 
Donc, qui en profite? Certainement pas le Trésor Public qui perd des millions de dollars à cause de toutes ces opérations d’exploitation illégale, et la prédominance de la corruption freine tout développement. La Banque mondiale a informé Greenpeace que le montant des recettes fiscales généré par le secteur forestier congolais n’est pas public, alors que cela fait partie de ses critères pour évaluer les progrès de la réforme du secteur. La population congolaise ne bénéficie pas du pillage de ses ressources naturelles !

Ce commerce illégal ne profite qu’à quelques sociétés congolaises ou internationales, à des importateurs ou traders peu scrupuleux en France, en Europe ou en Asie, mais absolument pas aux communautés forestières locales. En France, ce bois tropical illégal constitue une concurrence déloyale face aux filières bois françaises issues de forêts mieux gérées.
Lire le rapport : "L'exploitation forestière illégale en RDC - Un mauvais scénario"
Consultation d'une carte forestière au bureau local de l'environnement, province de Mbandaka en République Démocratique du Congo.